Chine - UE : le sommet des fragiles retrouvailles
le 20/5/2009 à 12h22
par AFP
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L'Union européenne et la Chine se retrouvent pour un sommet qui entend tourner définitivement la page de leur brouille fin 2008 autour du dalaï lama, mais la prochaine visite du leader spirituel tibétain en Europe pourrait de nouveau jeter de l'huile sur le feu.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a quitté Pékin mercredi pour se rendre à Prague, au 11e sommet Chine-Union Européenne qui doit être un sommet de retrouvailles après quelques mois de brouille, a annoncé l'agence officielle Chine Nouvelle.
Le chef du gouvernement est accompagné du ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, du patron de la Commission Nationale pour la Réforme et le Développement, organisme chargé de la planification économique souvent surnommé "le ministère des ministères", Zhang Ping, du ministre de la Science et Technologie Wan Gang et de son homologue du Commerce Chen Deming, notamment.
Le sommet se veut celui des retrouvailles. Il réunira côté européen le président tchèque Vaclav Klaus, dont le pays préside le bloc des 27 pays, celui de la Commission européenne José Manuel Barroso ainsi que le diplomate en chef de l'UE Javier Solana, et côté chinois le Premier ministre Wen Jiabao.
Pékin avait annulé le
précédent sommet, programmé début décembre 2008 en France au moment où Paris présidait l'Union européenne, pour protester contre une
rencontre entre le président Nicolas Sarkozy et le dalaï lama.
Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Mais le sommet de Prague se tient juste avant une nouvelle tournée prévue à partir de fin mai en Europe du chef spirituel des bouddhistes tibétain, en France, aux Pays-Bas ou au Danemark. La Chine vient d'appeler la ville de Paris, qui pourrait remettre le titre de citoyen d'honneur au dalaï lama, à "
cesser ses ingérences" dans les affaires intérieures chinoises, prévenant que cela provoquerait "une forte indignation du peuple chinois". Le Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen, a aussi prévu de le rencontrer dans le pays le 29 mai, où il est invité par une organisation humanitaire. Tout comme les députés néerlandais, qui le recevront le 5 juin à La Haye malgré les protestations chinoises.
A Prague, l'UE et la Chine s'efforceront de se concentrer sur les sujets économiques, priorité mondiale du moment. "Nous soulèverons de nouveau les questions de la reconnaissance du statut d'économie de marché (par l'UE à la Chine) et des limites aux exportations (européennes) vers la Chine de produits de haute technologie", a dit vendredi à la presse le porte-parole du ministère chinois du commerce, Yao Jian. Ce statut, que la Chine réclame à l'UE depuis 2003, lui permettrait d'être moins exposée aux taxes antidumping. Mais l'UE considère encore la Chine comme une économie en transition, dans laquelle l'Etat intervient trop pour fixer prix et coûts. Pékin a peu apprécié diverses mesures anti-dumping récentes à son encontre, allant des vis et boulons aux bougies, en passant par les chaussures à dessus de cuir.
Le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan l'a fait savoir début mai à Bruxelles lors d'une rencontre préparatoire au sommet de Prague. "L'approche protectionniste ne va entraîner que des problèmes", a-t-il dit. "L'UE devrait répondre de manière positive à notre objectif commun d'un commerce libre et équitable, en supprimant immédiatement les mesures anti-dumping sur les chaussures", a-t-il ajouté.
Pour sa part, l'UE attend de la Chine des engagements à participer aux efforts internationaux contre le réchauffement climatique, dans la perspective de la conférence de Copenhague en décembre. Et ce afin de pouvoir mieux convaincre les Etats-Unis de Barack Obama de jouer un rôle moteur. Pékin attend toutefois des pays déjà industrialisés qu'ils fassent l'effort. "Les Chinois ne veulent pas discuter sérieusement des questions sur le climat", juge John Fox, analyste du European Council on Foreign Relations.
commerceTibet
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