Chine-Union européenne: pas le moment d'arrêter les plans de relance
le 30/11/2009 à 7h52
par François Bougon (AFP)
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Les responsables des finances européens ont estimé dimanche qu'il était trop tôt pour arrêter les plans de relance de l'économie en ces temps de reprise fragile, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao.
A la veille du sommet entre la Chine et l'Union européenne à Nankin, dans
l'est du pays asiatique, les responsables des finances de l'UE ont mis
en garde leurs interlocuteurs chinois sur la montée du protectionnisme si les
économies des 27 continuaient à souffrir du niveau du yuan, un sujet récurrent
de frictions.
"La Chine maintient la stabilité du taux de change du yuan et a grandement
contribué à la stabilité financière mondiale et au développement économique", a
répondu M. Wen, cité par la télévision officielle, en recevant dimanche
après-midi les trois responsables des finances de la zone euro: le chef de file
des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, le commissaire
européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia et le président de la Banque
centrale européenne Jean-Claude Trichet.
"Les Chinois nous disent exactement la même chose qu'au président Obama", a remarqué, dans la soirée, le président de la Commission
européenne José Manuel Barroso après un dîner avec le Premier ministre chinois.
Auparavant, M. Juncker avait jugé qu'il était prématuré de prévoir la fin
des plans de relance "en cours dans différentes parties du monde".
"Il n'y aura pas de retrait important de mesures de relance dans la zone
euro en 2010", a-t-il précisé à la presse.
Les autorités chinoises ont souligné ces derniers mois que la reprise était
encore fragile et que les mesures de relance allaient se poursuivre.
Pékin a notamment décidé en fin d'année dernière un plan de 400 milliards
d'euros sur deux ans qui devrait permettre à la troisième économie mondiale
d'assurer une croissance de 8% cette année.
Les entretiens de dimanche intervenaient à la veille du 12e sommet
Chine-Union européenne, dont les principaux sujets seront la crise financière et
le changement climatique.
Les responsables européens des finances ont par ailleurs de nouveau appelé
Pékin à une "appréciation ordonnée et graduelle" du yuan, a souligné M.
Juncker.
"Depuis un an et demi, le yuan est lié au dollar et cela conduit à une
situation qui ne nous satisfait pas", a dit M. Almunia, qui a mis en garde Pékin
contre une montée du protectionnisme en Europe s'il n'y avait pas de progrès sur
cette question.
"La Chine est le premier exportateur vers l'UE, ses exportations vers l'UE
représentent 20% du total de ses exportations. C'est dans l'intérêt de la Chine
de ne pas nourrir le protectionnisme et la question du taux de change doit être
prise en compte dans cette situation", a lancé le commissaire européen aux
Affaires économiques.
Selon les dirigeants des finances de la zone UE, leurs interlocuteurs
chinois - outre M. Wen, le gouverneur de la Banque centrale Zhou Xiaochuan -
ont réaffirmé vouloir poursuivre la réforme du système de change, lancée depuis
2005, une manière d'opposer une fin de non recevoir à leurs demandes.
Les Européens, principaux partenaires commerciaux de la Chine, craignent que
le taux élevé de l'euro par rapport au yuan ne pèse sur les exportations vers le
pays asiatique, ralentissant d'autant la reprise économique.
Le yuan est de facto arrimé au dollar depuis l'été 2008, ce qui a conduit
les industriels européens à réclamer une réévaluation de la monnaie chinoise.
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