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En Chine, la jeune littérature se fait l'écho des angoisses des adolescents

le 21/7/2009 à 11h48  par Dan MARTIN (AFP)

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La Chine compte de plus en plus d'auteurs précoces, qui décrivent leurs angoisses d'adolescent dans une société en pleine mutation, dans lesquelles les jeunes lecteurs du pays se retrouvent.

Sous ses allures de petite prodige, Jiang Fangzhou, 19 ans, est une jeune chinoise typique, peu sûre d'elle et inexpérimentée. Cela ne l'a pas empêchée de devenir un auteur à succès, bien au contraire.

Jiang Fangzhou s'est lancée dans l'écriture à 7 ans, a publié son premier livre à neuf et n'a plus cessé d'écrire depuis.

"Je parle de sujets personnels pour aider les gens à distinguer le bien du mal parce que beaucoup n'ont pas de fondations solides", dit Jiang qui vient d'achever sa première année d'université.

A 26 ans, Guo Jingming n'a rien à lui envier: ses sombres histoires de suicide d'adolescents, de violence et de perte des valeurs ont représenté 20% des ventes littéraires des libraires en 2008, selon la société OpenBook, spécialisée dans les études sur le marché de l'édition.

"Ces écrivains expriment leurs valeurs, leurs sentiments et ceux de leur tranche d'âge. D'autres classes d'âge ne peuvent pas écrire cela. Ils ne peuvent pas être remplacés", souligne Ma Xiangwu, un professeur de littérature de l'université du Peuple.

Lecteur, Wang Xiaoguo, explique trouver dans les textes des jeunes romanciers un écho à ses propres frustrations de jeune homme en quête d'emploi, soumis à la pression familiale pour se marier.

"Ce sont des écrits pour notre génération, exprimant certains des sentiments que nous éprouvons", affirme Wang, 23 ans, en passant en revue les ouvrages d'une librairie de Pékin.

Face à l'engouement du public jeune, les éditeurs ne manquent pas pour investir dans les nouveaux talents. Mais certains se demandent, justement, s'il s'agit bien de talent, de mode ou de purs produits commerciaux auxquels internet permet de se faire connaître.

Jiang est la première à se poser la question, manifestement mal à l'aise dans son dortoir spartiate de l'université Tsinghua où elle feuillette plusieurs de ses romans, contes de fées et littérature fantastique.

"Ma grande inquiétude est le lecteur d'aujourd'hui. S'il est nourri de mauvais écrits, comment saura-t-il ce qui est bon ?", dit la jeune fille qui elle-même a été accusée de devoir son succès à son joli minois.

Pourtant, elle porte en elle une vraie colère remontant à sa petite enfance dans la province du Hubei (centre). Ou plutôt un traumatisme: l'angoisse d'être emmenée par la police si elle ne réussissait pas à publier un livre en primaire, comme sa mère institutrice et écrivaine frustrée le lui avait fait croire.

"Chaque fois que j'entendais une voiture arriver devant la maison j'étais terrorisée".

Alors à sept ans, elle écrit, se met à passer des heures à la tâche et perd peu à peu l'aptitude de frayer avec d'autres. L'amour la terrifie tout simplement aujourd'hui.

Matériellement, elle en tire peu de bénéfices. Arguant de son âge, ses parents ne lui disent pas ce que rapporte sa plume. La famille a récemment acheté une nouvelle maison et une voiture.

Parce qu'elle a tous ces doutes sur la qualité de la littérature actuelle, Jiang lui préfère les auteurs ayant passé l'épreuve du temps. Tous ceux qu'elle lit sont décédés.

Il n'est pas sûr que les jeunes auteurs d'aujourd'hui soient encore reconnus demain, car toutes les générations ont leurs succès éphémères, souligne Ma, le professeur de littérature.

"Ces romans sont comme un repas de restauration rapide. Mais parfois les gens ont besoin de fast-food aussi", estime-t-il.

 

A lire également sur notre site: Les jeunes auteurs chinois tournent le dos à la politique

littérature

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janny a écrit le 21/7/2009 à 19h54 :

C'est vrai que pour cette jeune génération chinoise il n'y a plus ni repères ni idéaux...pas de religion, pas de traditions,pas de leader charismatique à suivre et aduler, ils n'ont même rien contre quoi se révolter..pas de guerre civile, pas d'occupation étrangère, pas de misère noire etc....

Individulambda a écrit le 21/7/2009 à 20h16 :

En tout cas, j'en connaîs qui perdent pas le nord ! : 'Matériellement, elle en tire peu de bénéfices. Arguant de son âge, ses parents ne lui disent pas ce que rapporte sa plume. La famille a récemment acheté une nouvelle maison et une voiture.' ...

janny a écrit le 21/7/2009 à 21h47 :

Qui aurait l'adresse de sites chinois où lire la prose de cette jeunesse?

janny a écrit le 22/7/2009 à 7h27 :

Bonjour Rose! Tant pis pour l'adresse! Quelqu'un l'aura peut-être d'ici quelques jours!

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