Gordon Brown en Chine pour parler économie et environnement
le 17/1/2008 à 10h33
par AFP
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Le Premier ministre britannique Gordon Brown entame vendredi une visite en Chine et en Inde, avec notamment l'espoir de convaincre les deux pays les plus peuplés de la planète de signer l'accord international sur le climat adopté à Bali.
Gordon Brown s'est déjà rendu dans ces deux pays lorsqu'il était le ministre des Finances de Tony Blair, mais c'est sa première visite officielle depuis son arrivée à Downing Street en juin dernier.
Il doit notamment y rencontrer ses homologues chinois Wen Jiabao et indien Manmohan Singh avec un ordre du jour qu'il avait évoqué lors de sa dernière conférence de presse début janvier: "je me rendrai en Chine et en Inde parce que je veux discuter avec ces pays très importants non seulement de l'économie mondiale mais également (...) du changement climatique".
"Je crois que, progressivement, tous les pays en développement, tous les pays émergents, ainsi que l'Amérique et l'Europe, voudront être impliqués dans un accord contraignant pour l'avenir", a-t-il ajouté.
L'accord de Bali, conclu en décembre dernier, impose le lancement de négociations au plus tard en avril 2008 et leurs conclusions fin 2009 à la conférence sur le climat de l'ONU à Copenhague, pour succéder aux premiers engagements du protocole de Kyoto qui expire en 2012.
Les jeux Olympiques, que Pékin accueille cette année avant de transmettre la flamme à Londres en 2012, devraient également figurer en bonne place au menu des discussions en Chine, de même que les perspectives de développement des investissements dans les domaines de la science, de la technologie ou de l'éducation.
Ce géant économique est très courtisé par les pays européens: lors d'une visite en Chine en novembre dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé une série de contrats record pour le nucléaire et l'aéronautique français d'un montant global de quelque 20 milliards d'euros.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré qu'il attachait une "grande importance" à la visite de Gordon Brown, prévue pour durer trois jours selon Pékin, et qui pourrait "injecter une nouvelle vitalité aux relations bilatérales" selon la porte-parole.
La porte-parole a rappelé que la Grande-Bretagne était le premier investisseur européen en Chine, avec des échanges commerciaux qui devraient s'élever à 40 milliards de dollars en 2007.
En Grande-Bretagne toutefois, les défenseurs de l'environnement doutent de la légitimité du gouvernement Brown à aller faire pression sur la Chine et l'Inde sur les questions "vertes".
Le gouvernement britannique, comme la plupart des grands pays occidentaux, devrait "d'abord balayer devant sa porte", estime ainsi le porte-parole des Amis de la Terre pour les questions de climat, Joseph Zacune.
"La Grande-Bretagne et d'autres pays développés doivent d'abord s'engager sur des objectifs contraignants et montrer l'exemple pour que des pays en développement comme la Chine et l'Inde suivent", estime-t-il.
Le gouvernement de Gordon Brown, qui a fait de l'environnement l'une de ses priorités affichées, a présenté un projet de loi visant à faire du Royaume-Uni le premier pays au monde à introduire un cadre juridique contraignant pour réduire les émissions de gaz carbonique.
Cette législation obligerait le pays à réduire ses émissions de CO2 d'au moins 60% d'ici 2050, avec une obligation de "progrès réels" d'ici 2020.
Mais de nombreux défenseurs de l'environnement doutent de la capacité du gouvernement Brown --favorable notamment au développement du transport aérien-- à simplement respecter les objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre de 20% d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 1990.
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