La Chine mise de plus en plus sur l'énergie éolienne
le 13/11/2009 à 9h46
par Jerôme CARTILLIER (AFP)
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A 3.000 mètres d'altitude, des dizaines d'éoliennes tracent une impressionnante ligne de crête au-dessus de la ville de Dali: la Chine intensifie sa quête du vent, énergie verte en croissance fulgurante.
Plus haut parc éolien du pays, le projet de Dali Zhemoshan témoigne du foisonnement d'un secteur devenu une priorité gouvernementale qui bénéficie pleinement des mécanismes internationaux de crédit carbone mis en place dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.
"Les ressources en vent de la province du Yunnan (sud-ouest) ne sont pas les meilleures du pays", reconnaît Zhai Cheng, l'un des responsables de ce projet au sein du groupe chinois Sinohydro. "Mais en altitude, cela devient intéressant", ajoute-t-il, désignant de la main cette enfilade d'éoliennes de 48 mètres de haut.
Premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine, qui dépend à plus de 70% du charbon dans son mix énergétique, compte pour atteindre son objectif de 15% d'énergies renouvelables en 2020, s'appuyer sur deux éléments: l'eau et le vent.
Dans la province du Yunnan, à l'énorme potentiel hydraulique, les éoliennes, qui fonctionnent à plein d'octobre à avril, sont complémentaires des barrages, aux rendements nettement moindres durant cette période.
"La Chine redouble d'efforts: l'objectif de l'éolien pour 2020 est récemment passé de 30 gigawatts à 100 GW", souligne Zhai Cheng.
La progression chinoise est nettement supérieure à l'évolution mondiale du secteur. En 2008, la puissance installée a doublé pour la quatrième année de suite, pour atteindre 12,2 GW en fin d'année.
La Chine se classe désormais au quatrième rang mondial (derrière les Etats-Unis, l'Allemagne et l'Espagne).
"En termes d'ampleur et de rythme, le développement de l'éolien en Chine est absolument sans équivalent dans le monde", souligne Steve Sawyer, secrétaire général du Global Wind Energy Council (GWEC). "Au rythme actuel, ils seront premiers au monde en termes de capacité installée d'ici fin 2011, début 2012", ajoute-t-il.
Au-delà des projets des fermes éoliennes géantes dans le nord du pays (province de Gansu notamment), les "petits projets", comme celui de Dali, se sont multipliés, s'appuyant presque systématiquement sur les Mécanismes de développement propre (MDP).
Ces derniers, créés par le protocole de Kyoto, permettent aux pays industrialisés d'"effacer" une partie de leurs émissions de gaz à effet de serre en investissant dans des projets "propres" dans les pays en développement.
Avec une puissance installée de 30,75 MW, les 41 éoliennes de Dali Zhemoshan, qui fonctionnent depuis dix mois, permettent de produire chaque année autant d'électricité qu'avec 20.000 tonnes de charbon. Elles devraient ainsi permettre d'éviter l'émission de 50.000 tonnes de CO2, l'un des principaux gaz à effet de serre.
Sur ce projet pilote à une telle altitude, qui a bénéficié d'un prêt de 30 M EUR de la part de l'Agence française de développement (AFD), les crédits carbone, qui seront achetés par la banque néerlandaise Rabobank, devraient représenter 7% à 8% du revenu annuel, souligne Zhai Cheng, qui table sur un amortissement entre 10 et 15 ans.
"En Chine comme en Inde, l'éolien est l'une des principales +success story+ des MDP", estime Sawyer, qui souligne que ces derniers ne peuvent fonctionner efficacement sans une politique gouvernementale de soutien à la filière.
Le défi de la Chine est désormais de se concentrer "sur la qualité et plus seulement la quantité", selon ses termes, en améliorant en particulier la performance des turbines et, élément crucial, le taux de raccordement au réseau électrique.
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