La famille Zhang, éprise du Xinjiang et désespérée par les violences
le 14/7/2009 à 12h03
par Robert J. Saiget (AFP)
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"Nous pensions que Han et minorités s'entendaient vraiment bien. Maintenant tout a l'air dangereux" déplore Mme Zhang, mère de famille originaire du Henan et vivant à Urumqi, qui n'aurait jamais imaginé un tel déchaînement de violence dans sa région d'aoption
Zhang Lixia, Han et commerçante à
Urumqi, a observé avec une vive appréhension les deux jeunes hommes qui
s'approchaient de son magasin mais ces deux Ouïghours étaient d'authentiques
clients, en quête de whisky et de cigarettes.
Après des jours de troubles interethniques dans la capitale du Xinjiang, une
région du nord-ouest de la Chine, Zhang Lixia est sur le qui-vive.
A ces deux jeunes Ouïghours, élégamment habillés, elle a offert quelques
boissons non alcoolisées, en guise de geste de bonne volonté et d'amitié. "J'ai si peur (désormais) quand des hommes ouïghours entrent" dans la
boutique, explique-t-elle.
Selon le gouvernement chinois, 184 personnes sont mortes dans les émeutes
intercommunautaires qui ont éclaté le 5 juillet à Urumqi. Mais le bilan pourrait
s'alourdir, des dizaines de blessés étant dans un état critique, parmi les 1.680
recensés.
"Même dans mes pires cauchemars, je n'aurais jamais imaginé que quelque
chose comme ça puisse se produire", ajoute-t-elle.
"Quand nous sommes arrivés ici, nous avons adoré. On pensait qu'Urumqi était
un endroit génial, mieux que le Henan", la province du centre de la Chine que
Zhang et son mari ont quittée l'an dernier.
Le couple fait partie de ces flots de migrants chinois encouragés par le
gouvernement à s'installer dans les régions de l'ouest, sous-développées mais
riches en ressources naturelles: plus de 1,3 million de Hans ont déménagé au
Xinjiang entre 1998 et 2006, selon les statistiques officielles, qui ne tiennent
pas compte d'un grand nombre de migrants non déclarés.
Aujourd'hui, les Hans composent 40% de la population de cette région, forte
de 20,5 millions de personnes en 2006, toujours selon les statistiques
officielles.
Au Henan, Zhang travaillait dans une banque. Son mari, ancien soldat passé
par le Xinjiang, faisait du transport.
Il a vendu son camion pour que tous les deux puissent s'installer à Urumqi,
et versé 150.000 yuans (15.800 euros) pour acheter la boutique de spiritueux et
tabac, espérant vieillir paisiblement au Xinjiang.
A leur arrivée, ils ont trouvé des gens "très chaleureux". "Nous pensions
que Han et minorités s'entendaient vraiment bien. Maintenant tout a l'air
dangereux", déplore-t-elle.
Ils n'avaient pas l'impression de participer à la sinisation de la région
dont la première communauté est formée par les Ouïghours musulmans et
turcophones, qui estiment leur identité et leur culture menacées.
Ils pensaient plutôt contribuer au développement économique voulu par le
gouvernement central.
"Les Chinois Hans peuvent aider les minorités à élever leur niveau de vie",
estime Zhang Jiantao, le mari de Zhang Lixia.
Zhang Jiantao a été atterré par les violences, la brutalité de certains
Ouïghours à l'encontre de Hans lors des émeutes du 5 juillet. Mais il se dit
aussi inquiet de la façon dont certains Hans ont mené des actions de
représailles contre les Ouïghours les jours suivants.
"Soldat, j'ai été stationné ici dans les années 80. Le Xinjiang m'a laissé
une forte impression, la nature est incroyable, les gens amicaux. J'ai toujours
pensé que je reviendrais m'installer pour toujours".
Moins inquiet que son épouse, il dit ne pas avoir l'intention de partir.
Le couple espère même que leur deux enfants finiront par les suivre.
Un espoir que les émeutes pourraient compromettre, du côté de leur fils
étudiant.
"Mon fils est venu pour les vacances d'été. On avait projeté d'aller sur la
chaîne des Tian Shan ("montagnes célestes") et dans le désert du Taklamakan,
quand les émeutes ont éclaté", raconte son père.
"Ca lui a fait une très mauvaise impression et il est rentré au Henan",
explique-t-il.
Xinjiang
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haina a écrit le 14/7/2009 à 20h52 :
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