La pop allemande chante en mandarin et vice-versa
le 15/8/2008 à 14h59
par AFP
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Des groupes de pop allemande qui chantent en mandarin, leurs collègues chinois qui s'essayent à la langue de Goethe. A l'heure des JO de Pékin, un nouvel album vise à rapprocher les deux cultures.
Côté germanophone, on retrouve les groupes allemands "Wir sind Helden", "Die Ärzte", "Die Sterne" ou encore le Suisse King Superbia et l'Autrichien Bunny Lake.
Côté chinois, ce sont les groupes pékinois "Joylife" ou encore "Shazi" (sable en français), "les Honeys" de Shanghaï ou "PK14" de Nanjing.
Ils sont tous célèbres dans leurs pays respectifs et se sont lancés dans l'aventure de "Popstatic Conversation China", un CD de 19 titres qui, selon l'un des initiateurs du projet, George Lindt, participe à "un échange interculturel de façon charmante et divertissante".
"Pour la prononciation, il y a eu des parties de fou-rire des deux côtés. Pendant l'enregistrement, un chanteur allemand imitait le chinois en répétant 'ching chang chong' et le chanteur de "Joyside" faisait des sons bizarres incompréhensibles en essayant d'imiter l'allemand", raconte George Lindt actuellement à Pékin.
Les titres, dont 10 en chinois, ont été choisis par les groupes eux-mêmes et minutieusement traduits dans l'une ou l'autre langue. "Bien sûr, il n'a pas été toujours commode de traduire des jeux de mots, et c'était très intéressant de découvrir les différentes significations que peuvent avoir certaines métaphores", confie le fondateur de l'agence Fly Fast Concepts.
Ainsi, le groupe Wagner & Pohl a dû apprendre que sa chanson "Regen des Vergessens" ("Pluie de l'oubli") pouvait paraître moins romantique dans l'Empire du Milieu que sur le vieux continent. "Chez nous, la pluie est associée au romantisme, à la mélancolie, à la pureté, alors qu'en Chine, on a plutôt peur de la pluie" acide, à cause de la pollution, explique M. Lindt.
De son côté, le groupe "Shazi" se demandait si le conflit intergénérationnel était plus fort qu'au pays de Confucius, en écoutant "Die Ärzte" interpréter "Junge", un garçon rebelle que ses parents menacent de déshériter s'il n'entre pas dans le droit chemin.
Les musiciens allemands n'ont certes pas eu à apprendre les caractères chinois mais quand on sait qu'il y a quatre manières de prononcer une même syllabe, le défi était d'envergure.
L'Allemand Günter Reznicek de "Nova Huta" se plaignait par exemple de ne pas pouvoir prononcer certains sons sifflants à cause d'un espace mal placé entre les dents.
"C'était comme chanter à rebours. Certains sons rappelaient les arts martiaux, comme si on bastonnait quelqu'un", confiait récemment la chanteuse Judith Holofernes de "Wir sind Helden" lors de la présentation de l'album à Berlin. "Notre entraîneur en élocution nous a dit que l'on comprenait tout mais je soupçonne que c'était juste par politesse asiatique".
Au départ, comme le reste du groupe, elle a hésité à participer, craignant être en contradiction avec son engagement pro-Tibet, avant de s'apercevoir que "le seul moyen, si l'on veut faire bouger quelque chose, est de se rapprocher de la Chine".
Le Tibet, "die Ärzte" en font une référence directe dans la version chinoise de "Junge". A la place de "Vous prenez tous des drogues", le groupe ose une provocation politique pour ceux qui sauraient la voir avec un "Vous partez tous en vélo au Tibet".
L'album sorti le 8 août est accompagné d'un livret bilingue de 150 pages avec à la clé un mini-dictionnaire et un CD d'initiation aux deux langues.
Le projet a été soutenu par les instituts Goethe qui promeuvent la langue allemande dans le monde
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