La position chinoise peut-elle encore évoluer avant Copenhague ?
le 21/11/2009 à 10h52
par Pénélope Bart, consultante sur les questions environnementales
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La Chine refuse d'adopter un objectif absolu de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais elle mène des actions nationales ambitieuses. Deux points sont fondamentaux pour l’avancée des négociations : la vérification par les Nations Unies des actions nationales engagées et une participation de la Chine au financement de la lutte contre le changement climatique.
La visite du Président Obama en Chine (15-18 novembre) n'a donné lieu à aucune nouvelle annonce dans le domaine du changement climatique, à l'exception du lancement de coopérations sino-américaines en matière d'énergie et de climat. A moins d'un mois du Sommet de Copenhague, les attentes restent fortes vis-à-vis de la Chine. La position du premier émetteur mondial de gaz à effet de serre peut-elle encore évoluer? Oui, mais pas forcément sur les points sur lesquels on l'attend aujourd'hui.
Avant l'enjeu climatique, les priorités des autorités chinoises restent le développement économique et la croissance. C'est pourquoi la Chine refuse de se lier par un engagement international contraignant, ainsi que l'y exhorte la communauté internationale, et s'oppose à tout objectif absolu de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.
La Chine souhaite conserver sa marge de manœuvre nationale – et il est peu probable qu'elle évolue sur ce point. Elle a fondé sa position sur son appartenance - contestée - au camp des pays en développement. La Chine a ratifié la Convention cadre des Nations unies (UNFCCC) et le protocole de Kyoto, mais son statut de pays en développement la dédouane de tout objectif contraignant. Elle souhaite l'application stricte du principe des « responsabilités communes mais différenciées ». Pour elle, pas de commune mesure possible entre la Chine, pays en développement, et les Etats-Unis.
L'annonce du Président Hu Jintao lors du Sommet Climat de New York fin septembre était apparue comme une avancée. Pour la première fois, il annonçait l'adoption dans les futurs plans de développement chinois d'un objectif spécifique de lutte contre le changement climatique : une réduction « notable » des émissions de CO2 par unité de PIB d'ici 2020 par rapport à 2005. Encore non chiffré, cet objectif pourrait être précisé par Pékin très prochainement. Il restera néanmoins conforme à la position chinoise : il s'inscrira dans un cadre national - le 12ème plan quinquennal (2011-2015). Il sera relatif, puisque dépendant de l'évolution du PIB.
Doit-on pour autant critiquer la Chine pour son manque d'engagement et d'ambition ? Vraisemblablement pas. L'engagement chinois dans la lutte contre le changement climatique est incontestable au niveau national. Le World Resource Institute estimait en octobre dernier que la Chine était en passe de contenir ses émissions de gaz à effet de serre. La Chine n'est certes liée par aucun engagement contraignant. Mais pour différentes raisons (enjeux de sécurité énergétique, prise de conscience de l'impact de la pollution et du changement climatique), elle mène depuis quatre ans une politique volontariste de limitation de sa consommation énergétique et de développement des énergies renouvelables: réduction de 20% de l'intensité énergétique prévue par le 11ème plan quinquennal (2006-2010), part des énergies renouvelables portée à 15% en 2020 par le plan de développement des énergies renouvelables de 2007. Pékin évalue d'ores et déjà à 750 millions de tonnes de CO2 les émissions évitées entre 2006 et 2008. L'objectif de réduction de l'intensité carbone récemment annoncé, s'il est suffisamment ambitieux, permettra des résultats encore plus importants.
Alors la Chine peut-elle aller plus loin? Certainement. L'enjeu des négociations aujourd'hui n'est finalement pas de contraindre la Chine à adopter un objectif de réduction absolu dont elle ne veut pas à court terme. Que Pékin autorise la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à mesurer et vérifier ses actions nationales constituerait en revanche une véritable avancée. La Chine refuse pour l'instant ce principe, à l'exclusion des seules actions financées par la communauté internationale.
La participation de la Chine au financement de la lutte contre le changement climatique constitue l'autre enjeu de taille. L'Union européenne estime le besoin de financement international public entre 22 et 50 milliards d'euros par an d'ici 2020 et demande la contribution de l'ensemble des pays, à l'exception des plus pauvres. La Chine s'y oppose et exige que seuls les pays développés contribuent financièrement à hauteur de 0,5 à 1% de leur PIB.
L'avancée des négociations dépendra en partie de l'engagement de la Chine sur ces deux points.
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