Les caciques du PCC réunis pour renforcer les pouvoirs du probable héritier de Hu Jintao
le 15/9/2009 à 16h48
par Marianne Barriaux (AFP)
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La session annuelle du Comité central du Parti Communiste pourrait être l'occasion pour Xi Jinping, qui devrait succéder à Hu Jintao à la présidence du pays, de voir ses pouvoirs renforcés.
Le Comité central du Parti communiste chinois a
ouvert sa session annuelle mardi, une nouvelle occasion pour l'actuel
vice-président chinois Xi Jinping, probable héritier de Hu Jintao, de se
rapprocher du pouvoir suprême.
Lors de ce plénum de quatre jours à huis clos, M. Xi, 56 ans, numéro six au
sein du Comité du Bureau politique du Parti communiste, le coeur du pouvoir en
Chine, pourrait être désigné vice-président de la puissante Commission militaire
centrale du Parti, selon les experts.
"C'est une préparation de la succession au pouvoir", a relevé Joseph Cheng,
professeur de sciences politiques à la City University de Hong Kong.
"C'est devenu une procédure de routine pour s'assurer que le prochain
dirigeant puisse participer aux affaires militaires, qui représentent un centre
de pouvoir important en Chine", a-t-il ajouté.
Cette désignation lui ouvrirait la voie au poste de secrétaire général du
Parti communiste en 2012, puis à celui de président de la République en 2013.
Hu Jintao était entré à la Commission militaire en 1999 avant de devenir
trois ans plus tard numéro un du Parti, en remplacement de Jiang Zemin, puis,
l'année suivante, président de la République.
Officiellement, à l'heure de la crise économique et de la montée des
tensions sociales, les 204 membres du Comité central doivent surtout débattre du
"renforcement et de l'amélioration du Parti dans la nouvelle situation", selon
l'agence Chine Nouvelle.
Selon certains médias chinois, il s'agit de renforcer la démocratie interne
au sein du Parti, au pouvoir depuis près de 60 ans.
Pour Hu Xingdou, professeur d'économie à l'Institut de technologie de Pékin,
la question de la corruption devrait également être abordée au cours de cette
réunion, avec éventuellement l'obligation pour les responsables de rendre
publics leurs patrimoines.
La Chine a été secouée ces derniers mois par des affaires de corruption qui
ont vu tomber les têtes de responsables en vue, notamment le vice-président de
la Cour suprême, le chef du nucléaire ou le maire de la métropole de Shenzhen
(sud).
Cette session intervient aussi dans un contexte de tensions, après de
violentes émeutes ethniques au Xinjiang, dans le nord-ouest musulman, et à
l'approche de l'anniversaire sensible du 60e anniversaire de l'arrivée au
pouvoir des communistes le 1er octobre.
La sécurité a été considérablement renforcée ces dernières semaines à Pékin
pour éviter tout accroc lors de la parade militaire et les festivités.
Pour Jean-Pierre Cabestan, professeur de sciences politiques à la Hong Kong
Baptist University, le Parti va chercher lors de cette session "à donner une
impression de stabilité et de continuité alors que les gens s'apprêtent à
célébrer le 60e anniversaire".
A l'actif de Xi Jinping figure l'organisation réussie des jeux Olympiques de
Pékin en août 2008.
"A en juger par ses performances, on peut supposer qu'il a reçu le soutien
des dirigeants et de la société", estime Hu Xingdou.
Xi Jinping, qui fait partie des descendants des premiers révolutionnaires
connus en Chine comme les "fils de princes", est marié à une chanteuse célèbre,
avec laquelle il a une fille adolescente. Il est le fils de Xi Zhongxun.
Ce dernier fut un des fondateurs de la guérilla communiste dans le nord de
la Chine, victime d'une purge politique dans les années 60 après avoir été
catalogué "contre-révolutionnaire" puis réhabilité au début des années 80 avec
le retour au pouvoir de Deng Xiaoping.
Li Keqiang, 54 ans, numéro sept dans la hiérarchie du Parti et premier
vice-Premier ministre, est présenté pour sa part comme le probable successeur du
Premier ministre Wen Jiabao en 2013.
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