Pas à pas, le cinéma français tente de conquérir la Chine
le 20/4/2009 à 12h53
par Mathilde Bonnassieux (Aujourd'hui la Chine)
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Pour sa 6ème édition, le festival Panorama a pu compter sur un vrai parterre de stars. Un défilé paillette à la mesure de son évolution au sein de ce marché très limité.
Binoche, Duris, Klapisch, Eric et Ramzy… Jamais le festival Panorama
n'a attiré autant de stars que cette année, si bien que la cérémonie
d'ouverture le 9 avril dernier assumait tout à fait ses airs de Cannes.
Tapis rouge, photographes, champagne et petits fours, ce côté paillette
révèle une vraie tendance : l'évolution à pas comptés du
cinéma français au sein d'un marché très limité.
Censure
et protectionnisme obligent, chaque année, seule une cinquantaine de
films étrangers sont diffusés sur les écrans en Chine.
Pour l'instant, forts de la puissante industrie hollywoodienne, les
Etats-Unis s'arrogent quasiment la totalité des quotas de films achetés
en partage de recettes, système le plus avantageux puisqu'il permet aux
dépositaires du film de toucher un pourcentage sur les recettes
réalisées en salle.
Le reste – une vingtaine – sont des films étrangers, américains
encore pour une bonne part, achetés au forfait : le distributeur reçoit
une somme fixe, peu importe ensuite le nombre d'entrées réalisées.
Deux à quatre films français par an
Avec de deux à quatre films diffusés par an, le cinéma français fait pâle
figure à côté des majors américaines mais s'en sort plutôt bien au
regard des autres pays européens, dont même les meilleurs atteignent
difficilement la barre des deux films.
« Nous Français, sommes à la fois petits mais pas complètement
inexistants », résume ainsi le directeur d'Unifrance, Antoine de
Clermont-Tonnerre, présent à l'ouverture du festival.
Et la
France fait de mieux en mieux. Cette année, « Transporter » a été
distribué à 1100 copies en Chine, « Les deux mondes » et « Les femmes
de l'ombre » à un millier chacun. Un succès d'estime quand on sait
qu'ils circulaient à une centaine de copies avant.
Montrer ce qu'on sait faire
« Le but de ce festival, c'est de faire un peu de bruit, de montrer ce qu'on sait faire", reprend le spécialiste.
La
France peut aussi compter sur sa côte d'amour. La Chine conserve une
longue tradition de visionnage de films français, comme Louis de Funès.
« C'est même agaçant parfois, car les mêmes
noms ressortent à chaque fois. Il s'est passé pourtant des choses entre temps », poursuit
Antoine de Clermont-Tonnerre.
C'est pourquoi les organisateurs du festival veillent à offrir un
panel varié, dans les limites de la ligne de Pékin bien sûr, à savoir
pas de sexe, pas de violence, pas de politique. Cette année par
exemple, la palme d'Or « Entre les murs » a été refusée par les
autorités de censure pour des raisons qui n'ont pas été précisées.
Une manne immense
Au final, les bénéfices financiers importent peu pour le moment. "Il faut être là, sinon on disparaît".
Le
marché est en effet porteur : avec près de 500 nouvelles salles qui
émergent chaque année, le marché chinois comptera près de 15 000 salles
dans 15 ans.
Perspective encourageante, un accord de coproduction en discussion
depuis de longs mois entre la Chine et la France pourrait voir le jour
très prochainement. Un texte précieux qui pourrait permettre de
contourner le système restrictif des quotas puisqu'un film coproduit
devient aussitôt chinois.
Reste à s'assurer que les autorités de censure ne mettent pas leur grain de sel dans ce texte.
cinémaFrance
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