Pékin se débarrasse de ses travailleurs migrants, gênants pendant les JO
le 26/7/2008 à 9h40
par AFP
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Après deux ans de dur labeur sur un chantier des jeux Olympiques, Dai Yi, 50 ans, ne verra pas le résultat de ses efforts en août à Pékin.
Comme d'autres travailleurs migrants à la peau brunie par le soleil et aux mains rugueuses, qui ne bénéficient pas d'un permis de résidence dans la capitale chinoise, il a reçu la consigne de rentrer chez lui.
Pékin veut présenter une image lisse pendant les Jeux et ses millions de travailleurs migrants font tache.
"Les autorités ne nous autorisent pas à rester. A cause des JO", explique l'ouvrier de petite taille, qui fend la foule compacte de la principale gare de Pékin en portant deux valises cabossées à bout de bras.
En route pour la province pauvre de l'Anhui (est), M. Dai a perdu son salaire mensuel de mille yuans, l'équivalent de 93 euros, qui contribuait largement à faire vivre sa famille de huit personnes restée au pays.
"Je n'ai pas d'emploi maintenant, donc je ne vais pas gagner d'argent jusqu'à ce que je trouve un autre boulot", dit-il.
M. Dai, comme d'autres ouvriers, a reçu l'ordre de quitter Pékin cette semaine.
Travaillant dur pour de tout petits salaires, et souvent dans des conditions dangereuses, ce sont eux qui ont construit les chantiers olympiques de la capitale, contribuant largement à sa croissance et à son boom immobilier.
A la fin de l'an dernier, Pékin comptait jusqu'à 5 millions de ces ouvriers, avaient indiqué les autorités.
Le nombre des travailleurs migrants tenus de quitter la capitale n'est pas connu. Et un responsable au service de presse de la ville de Pékin, interrogé par l'AFP, a démenti toute consigne en ce sens. Mais plusieurs d'entre eux confirment l'exode en cours.
"Ce n'est pas juste", dit Yuan Daxin, 36 ans, aussi rencontré à la gare, sur le départ vers la province du Gansu (nord-ouest). Il travaillait sur le chantier d'un immeuble de bureaux jusqu'à dimanche dernier.
Tous les chantiers de construction ont été gelés à cette date pour diminuer la pollution atmosphérique en amont des Jeux.
Son employeur a annoncé aux ouvriers qu'ils allaient bénéficier de "vacances olympiques". Pas du genre à se laisser abattre, Yuan se réjouit que son salaire sur le chantier ait au moins permis à sa famille de s'équiper d'un téléviseur, grâce auquel ils pourront regarder les Jeux.
"Nous devons quitter Pékin pour que la ville ne soit pas trop encombrée pour les JO. C'est notre responsabilité d'aider les Jeux à être un succès", ajoute-t-il, dans un élan patriotique.
La transformation de Pékin, qui compte 17 millions d'habitants, est également passée, ces derniers mois, par la répression de la prostitution, la rénovation de nombreux quartiers et de multiples mesures contre la pollution.
Wu Zuoliang, conducteur de cyclo-pousse de 42 ans, va devoir lui aussi rentrer à Tianjin, sa ville d'origine, à deux heures de route de Pékin.
Mais la police lui a fait savoir qu'il pourrait revenir dès la fin des Jeux paralympiques (6-17 septembre). En attendant, il prêtera ses bras à sa famille, pour récolter du maïs sur leur petit lopin de terre.
Conditions de travailjeux olympiques
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