Plus de 10 millions de candidats au plus grand examen du monde en Chine
le 8/6/2009 à 17h32
par Harold Thibault (Aujourd'hui la Chine)
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Pluie artificielle, pause sur les chantiers, circulation réduite : tout a été mis en place pour que les candidats au Gaokao, sésame pour accéder à l'université, aient toutes leurs chances.
Les épreuves du plus grand examen au monde ont débuté dimanche 7 juin en Chine. Elles se dérouleront jusqu'au mardi 9. Cette année, 10,2 millions de personnes tentent d'obtenir le Gaokao, qui permet d'accéder aux études supérieures. Le Ministère de l'éducation prévoit qu'environ 62% des candidats obtiendront le droit d'entrer à l'université, un taux en hausse de 5% par rapport à l'an dernier.
En Chine, tout est mis en place pour que les candidats passent l'examen dans les meilleures conditions possibles. Les chantiers situés à proximité des centres d'examen ont reçu l'ordre de ralentir le rythme pour ne pas les déranger. A Taiyuan, capitale de la province du Shanxi, les professeurs ont été priés de ne pas porter de chaussures faisant trop de bruit lorsqu'ils surveillent l'examen. A Pékin, les autorités ont pris des mesures de contrôle du trafic routier pour que les élèves ne risquent pas d'arriver en retard. Les véhicules à moteur ont été bannis à proximité des centres. Les examinateurs se sont vus demander de ne pas porter de parfum pour ne pas gêner le travail des candidats.
Pluie sur commande
Le climat aussi est mis au service de la réussite scolaire. De nombreuses villes ont provoqué artificiellement des chutes de pluie pour rafraîchir l'air, selon le quotidien anglophone Global Times. Des cartouches d'iodure d'argent ont été envoyées dans les nuages pour provoquer des ondées, selon le journal, qui ne précise pas si tel a été le cas à Pékin où, avec de très fortes pluies, la température est tombée d'une vingtaine de degrés en seulement un week-end.
La pression est d'autant plus grande que les offres d'emploi se sont réduites avec le ralentissement économique cette année. En 2008, sur 5,6 millions de jeunes diplômés, 1 million n'avait pas trouvé d'emploi. Dimanche 7 juin, alors que les épreuves du gaokao commençaient, le Premier ministre Wen Jiabao a appelé les jeunes diplômés à accepter des postes ne requérant pas de hautes qualifications universitaires. "Les étudiants en faculté, les employés licenciés et les travailleurs migrants sont ma plus grande inquiétude" a déclaré Wen Jiabao dans un centre de recherche d'emploi de Xi'An, capitale du Shaanxi. Il a également insisté sur l'opportunité pour les jeunes diplômés de partir travailler dans les provinces plus pauvres et reculées de l'ouest de la Chine.
Dans ce contexte, et avec le développement des téléphones portables et autres appareils électroniques, la tentation est grande d'essayer d'obtenir des points immérités.
Quelques jours avant le début des examens, les autorités chinoises ont appelé à la vigilance face aux tentatives de tricherie. Jeudi 4 juin, Le Ministère de la sécurité publique a demandé aux bureaux de police de tout le pays de s'assurer de la sécurité du déroulement des examens. "La police sera en alerte élevée contre toute forme de tricherie, telle que l'utilisation d'appareils électroniques par les étudiants et des gens à l'extérieur des centres d'examens pour échanger questions et réponses" a fait savoir le Ministère dans un communiqué.
A l'approche du Gaokao, au moins 7 personnes ont été arrêtées et 4 enquêtes ont été ouvertes pour production et vente d'appareils électroniques permettant de tricher. Dans le Hunan, un homme a été arrêté pour avoir vendu des sujets, qui se sont révélés être faux. Un cas similaire a été rapporté dans la province du Fujian. Des numéros de téléphone ont été mis en place pour dénoncer les cas de fraude. Le Ministère de la sécurité publique a rappelé que les tricheurs risquent une interdiction de se présenter à nouveau à l'examen pendant 2 ans.
Débat sur l'égalité des chances
Rétabli en 1977 après avoir été suspendu pendant la Révoution culturelle, le Gaokao est toujours considéré comme le moyen le plus efficace d'accorder à chacun une chance égale d'accéder aux études supérieures en Chine, même si certains le jugent imparfait. Le journal Beijing News s'interroge sur la réalité de l'égalité des chances. "S'agissant de l'examen d'entrée à l'université, le gouvernement et la société devraient garder un oeil sur toutes les formes de concurrence déloyale" écrit l'un de ses éditorialistes. "L'une des règles tacites est que certains lycées persuadent les étudiants qui ont peu de chances d'être sélectionnés par les universités d'abandonner l'examen pour afin d'avoir un taux d'inscription dans les universités plus élevé" déplore-t-il.
L'importance considérable que joue le Gaokao dans la vie des jeunes est également critiquée. 82% des personnes ayant répondu à un sondage réalisé sur internet par Sina.com considèrent que la société chinoise se focalise trop sur le Gaokao. 61% estiment que cette obsession a un impact négatif pour la vie des gens.
éducation
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