Prise de tête entre Christie's et la Chine après la vente du siècle
le 26/2/2009 à 9h37
par AFP
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Les deux têtes de bronze chinoises ont été adjugées pour plus de 15 millions d'euros chacune au Grand Palais à Paris à des acheteurs anonymes. La Chine dénonce la vente et menace Christie's.
La Chine a condamné jeudi la vente "illégale" à Paris la veille de deux bronzes chinois pillés il y a près de 150 ans à Pékin et indiqué que la maison Christie's en assumerait les conséquences. "L'Administration d'Etat des vestiges et monuments s'oppose fermement et condamne toute vente d'objets culturels qui ont été exportés illégalement. Christie's devra assumer toutes les conséquences entraînées par cette vente", a indiqué un communiqué de l'Administration publié sur son site internet, évoquant également des "conséquences graves pour le développement de Christie's en Chine".
L'Administration indique avoir tenté de contacter à plusieurs reprises la maison d'enchères avant la vente de la collection d'oeuvres d'art Yves Saint Laurent-Pierre Bergé pour qu'elle enlève les deux pièces disputées, une tête de rat et une tête de lapin provenant du sac du Palais d'été à Pékin par des soldats français et britanniques en 1860.
"Mais Christie's s'est obstinée, persistant à mettre aux enchères des pièces pillées au Palais d'été, violant l'esprit des conventions internationales et le consensus sur le retour de ce genre d'objets dans leur pays d'origine, portant atteinte aux droits culturels du peuple chinois et aux sentiments de la nation", affirme le texte.
Les deux pièces, d'une hauteur d'une quarantaine de centimètres, ont été adjugées mercredi pour un montant de 15,7 millions d'euros chacune, sans qu'on connaisse l'identité du ou des acheteurs qui ont remporté les enchères au téléphone.
L'Administration d'Etat des vestiges et monuments indique "ne pas reconnaître le propriétaire illégal des pièces pillées" et qu'elle continuera à tenter d'obtenir le retour de ces pièces en Chine "par tous les moyens et canaux possibles".
La justice française avait autorisé lundi la vente de ces deux bronzes chinois. Le tribunal de Paris avait été saisi par une Association pour la protection de l'art chinois en Europe (Apace), basée à Paris, qui réclamait la suspension de la vente.
Le sac du palais d'Eté en 1860 à Pékin est l'un des épisodes les plus retentissants de l'invasion de la Chine par les puissances coloniales, une humiliation toujours vive près de 150 ans après.
patrimoine
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