Réseau ferroviaire chinois : un développement à grande vitesse
le 29/7/2010 à 12h50
par Benoît Guivellic (Aujourd'hui la Chine)
Poster un commentaire :
Note moyenne :
(22 avis)
La Chine vient d'annoncer un ambitieux plan d'expansion de son réseau de trains à grande vitesse, relançant du même coup le débat sur les transferts de technologie, qui inquiètent l'Occident.
120 milliards de dollars d'ici deux ans, et 295 milliards (226
milliards d'euros) avant 2020. Après avoir inauguré début juillet une
nouvelle ligne entre
Shanghai et Nanjing, la Chine affiche des ambitions à sa mesure pour le développement de son réseau de trains à grande vitesse.
Le but de ces investissement : construire un réseau de lignes à grande
vitesse d'une longueur totale de 16 000 kilomètres entre toutes les
villes les plus importantes du pays.
Pour la
Banque Mondiale, qui a publié récemment un rapport sur la
question, le projet est "peut être le plus grand programme
d'investissement sur le transport de passagers jamais lancé par un seul
pays".
Après avoir abandonné en 2003 l'idée de développer seule une technologie
de trains à grande vitesse, la Chine avait lancé dès 2007 des
partenariats avec de grands groupes occidentaux. Cela lui avait permis
d'ouvrir en 2008 la ligne Pékin-Tianjin, reliant les deux villes en un
peu plus d'une demi heure. Avaient suivi les ligne Wuhan-Canton,
Zhengzhou-Xi'an et enfin Shanghai-Nanjing.
Aujourd'hui, la Chine possède déjà le plus long réseau de trains à
grande vitesse au monde (6920 km), qu'elle a développé avec l'aide de
sociétés étrangères telles que Siemens AG (Allemagne), Alstom SA
(France) et Bombardier Inc (Canada).
De gros contrats, mais en joint venture
Pour ces entreprises, s'implanter sur un marché aussi prometteur était
synonyme de contrats juteux (plusieurs milliards de dollars) à court
terme, mais aussi de perspectives d'avenir réjouissantes.
Seul problème : la Chine, désireuse de réserver un part de ce gros
gâteau à sa propre industrie, à imposé un fonctionnement en joint
venture avec des entreprise locale.
Elle a ensuite développé sa propre technologie, appelée China Railway
High-speed (CRH), pour laquelle elle affiche des ambitions
internationales qui inquiètent les dirigeants des entreprises
occidentales.
Avec des trains montant jusqu'à de 350km/h, la technologie chinoise est
en effet apte à se poser comme concurrente sérieuse sur la scène
internationale.
Dans une conférence de presse mercredi 28, He Hanwu, ingénieur en chef
au ministère des transports ferroviaires, a déclaré que le pays était en
train de considérer des projets en Russie, au Brésil, aux Etats Unis,
en Birmanie et au Laos.
Transferts de technologie forcés?
"La technologie de trains à grande vitesse chinoise s'est rapidement
développée de façon indépendante, en se basant sur des technologies
existantes qui ont aidé le pays à fabriquer des trains pouvant aller
jusqu'à 350km/h", a déclaré M.He en réponse aux questions sur les
transferts de technologie lors de la conférence de presse.
Après avoir insisté sur le fait que les technologies occidentales
avaient été largement modifiées pour passer de 250 à 350 km/h, M.He a
estimé que qualifier les agissements de la Chine de transferts de
technologie "forcés" était "inexact".
"Nous avons fait beaucoup d'innovations et d'amélioration, et cette
production peut également être partagée avec le monde, a t-il déclaré
selon l'agence
Xinhua,
ajoutant que la Chine "introduit d'abord des technologies de
l'étranger, produit en joint-ventures puis développe les marques
chinoises.
Alors, transferts de technologies forcés? Certes, l'industrie
ferroviaire occidentale se retrouve dans une situation inconfortable
face à ce nouveau concurrent. Mais c'était le prix à payer pour
s'implanter sur l'incontournable marché chinois.
technologieéconomiecommerce
Poster un commentaire :
Note moyenne :
(22 avis)