Le centre-ville de Pékin devrait être bouleversé par un projet urbain français
le 14/12/2006 à 12h05
par Simon Muys
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Le quartier de Qianmen a été pendant des siècles une des zones les plus animées de la capitale chinoise. Ses hutongs vont céder la place à un vaste projet luxueux, mené par des architectes français. Finis les boui-bouis de nouilles, échoppes de tissus et autres bazars qui donnaient à ce quartier son côté bigarré. Place au style à la française, même si les promoteurs affirment qu'ils respecteront l'esprit des lieux.
En 2008, les Chinois auront laissé la place à Cartier, LVMH, Chaumet et la fondation Maeght. L’impressionnante destruction du quartier historique de Pékin, situé au sud de la place Tiananmen, a rythmé l’année 2006. Les Pékinois avaient déjà vu l’ouest de la place vidée de ses habitants pour accueillir l’opéra de Paul Andreu, le scénario se répète désormais au sud et les responsables du projet français font plutôt profil bas.
Réaménager un quartier historique
Rien n’est encore officiel pour l’attribution de la reconstruction, mais le maître d’œuvre français Jacques Jobard affiche une confiance à toute épreuve : « nous n'avons pas de concurrent, nous sommes les seuls à pouvoir exploiter ce quartier en respectant les contraintes imposées », a-t-il déclaré à RFI. En Chine depuis 26 ans, le vice-président de Phénix Design dispose d’un large crédit auprès de Pékin, s’étant associé à un groupe de construction proche de la municipalité. De plus, c’est le Français Alexandre Allard qui est à l'origine de ce projet très ambitieux. Il a acheté pour 70 ans avec sa société Imperial Avenue les 25 ha qui entourent la rue commerçante de Qianmen.
Le projet français va devoir passer les barrages des conservateurs du patrimoine. Malgré les bulldozers, Qianmen est un quartier protégé : on peut y détruire sans problème, mais il faut reconstruire en respectant un modèle « traditionnel ». Pas d’immeubles de plus de trois étages, des « hutongs » à remettre en valeur, des maisons à cour carrée (siheyuan) à réaménager … un projet taillé pour des architectes français donc.
Les valeurs sûres de la France
C’est Anthony Béchu qui se chargera des dessins du nouveau site. Après le CELAP, équivalent shanghaïen de l’ENA, l’architecte du siège de Chanel et de la Commission des Opérations de Bourse s’attaque à un projet d’ampleur. Sur 100 000 m², il faut concevoir toutes les boutiques, places, hôtels et galeries d’art qui donneront de la cohérence au quartier. Déjà prévus, un grand hôtel de luxe avec des suites aménagées dans une ancienne siheyuan, une rue commerçante piétonne, une galerie couverte par une verrière, plus de 400 boutiques avec les grands noms français du luxe, une rue pour les antiquaires, une place pour les bijoutiers, une autre pour les cafés et les restaurants, des espaces verts… Qianmen redeviendra un quartier animé, et on y trouvera très clairement l’esprit des centres-villes européens.
Mais en plus de conserver l’identité commerciale du quartier, le projet entend réintroduire la culture au cœur de la capitale. Une cinquantaine de galeries d’art seront présentes, notamment celle de la fondation Maeght, qui prévoit déjà une première exposition sur l’œuvre de Miro dans un espace de 450 m² en mars 2008. Selon Yoyo Maeght elle-même, « ce projet va créer un environnement complet de très haut niveau pour l'art, au cœur de Pékin ». Le Centre Pompidou a également chargé l’architecte Jean Nouvel de réaliser un espace de 10 000 m² dédiés à l’art contemporain. Un théâtre de l’époque Ming va être réaménagée en salle de concert de 1000 places par Pleyel. La Warner a également projeté d’ouvrir un cinéma de 10 salles, sur 52 000 m².
Exit les Chinois
Luxe et culture à la française donc, mais pas de petites gens. Les habitants historiques du quartier Qianmen ont déjà presque tous été évacués vers les banlieues éloignées de Pékin. Avec de maigres compensations, les propriétaires d’habitât traditionnel se retrouveront locataires dans des immeubles uniformes. Si les plus nombreux trouvent leur compte dans l’accès à des logements bien plus confortables, les personnes âgées ont difficilement accepté de dire adieu à leurs murs, mais n’ont pas pu s’opposer à leur disparition. Il y a trois mois encore, certains habitants continuaient de vivre dans les décombres de leur quartier en refusant de partir. Ils ont désormais été délogés.
Contacté par Aujourd'hui la Chine, Anthony Béchu préfère pour le moment rester discret sur la question.
urbanismepatrimoine
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sylvainyves a écrit le 14/12/2006 à 23h45 :
porte-plume a écrit le 15/12/2006 à 5h27 :
Simon a écrit le 16/12/2006 à 19h04 :
JSB a écrit le 17/12/2006 à 16h11 :
boudha92 a écrit le 17/12/2006 à 23h42 :
huijian a écrit le 21/12/2006 à 21h41 :
nacene a écrit le 1/4/2007 à 23h31 :
Teura a écrit le 17/6/2007 à 19h49 :
Benoit a écrit le 6/8/2007 à 13h36 :
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