G8/Climat: la Chine expose sa voie pour lutter contre le réchauffement
le 5/6/2007 à 9h05
par AFP
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La Chine réaffirme sa volonté de ne pas sacrifier son développement économique à la lutte contre le réchauffement de la planète, en présentant sa stratégie d'ensemble à l'occasion d'un G8 qui portera largement sur cette question. Les membres du G8 qui avaient mis la pression ces derniers moi sur Pékin.
Les autorités chinoises ont publié lundi un document de 62 pages, présenté comme une première pour un pays en développement, sans nouvelles mesures cependant car rassemblant celles déjà annoncées au cours des années précédentes.
Selon le document, la Chine, largement dépendante du charbon, devrait réduire par exemple les émissions de CO2 d'environ 50 millions de tonnes d'ici à 2010 en développant les projets hydroélectriques, pendant que la fermeture de petits centrales thermiques à charbon permettra d'éviter le rejet de 110 millions de tonnes de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Mais la Chine, qui pourrait devenir le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde en dépassant les Etats-Unis avant 2009, ne se fixe cependant toujours pas d'objectif contraignant.
"Même si nous n'avons pas fixé d'objectif précis de réduction du CO2, notre objectif global d'économiser l'énergie est sans équivoque", a assuré Ma Kai, ministre chargé de la Commission nationale pour la réforme et le développement (CNRD), principal organe de planification économique.
"Le fait que la Chine n'ait pas un objectif de réduction chiffré ne signifie pas que la Chine n'assume pas sa responsabilité en matière de lutte contre le réchauffement climatique", a-t-il affirmé dans une conférence de presse, rappelant l'ambition du régime communiste d'un "développement harmonieux", différent de l'industrialisation traditionnelle, moins gourmand en énergie et plus respectueux de la nature.
"Réaliser l'objectif gagnant-gagnant du développement économique et du respect de l'environnement sera la contribution chinoise au développement durable du monde et aux efforts mondiaux pour faire face au changement climatique", a-t-il assuré.
Ma Kai a de nouveau appelé les pays industrialisés, sources, a-t-il souligné, de 95% des émissions de CO2 "de l'industrialisation à 1950" et de 77% d'entre elles de "1950 à 2000", à assumer leur responsabilité historique en fournissant "une assistance financière et technique pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique".
Cependant, à deux jours d'un G8 auquel doit participer le président Hu Jintao et au cours duquel sera abordée la question du climat, Ma Kai a estimé que la nouvelle initiative de George W. Bush ne pouvait pas remplacer les efforts des Nations unies, tout en décelant "certains changements positifs" dans l'attitude des Etats-Unis.
"Nous pensons que la nouvelle initiative de la Maison blanche doit être un complément utile à la Convention des Nations unies et au protocole de Kyoto, mais ne doit pas se substituer à ces deux documents internationaux", a déclaré Ma Kai.
Pour Greenpeace, la publication du rapport chinois, avant la réunion du G8, n'est pas le fruit du hasard.
"Hu Jintao peut utiliser le document comme un outil de négociation pour obliger les pays industrialisés à s'engager encore plus dans la lutte contre le réchauffement climatique et à tenir leurs promesses de réaliser des transferts de technologie", a réagi Yang Ailun, spécialiste du réchauffement climatique à Greenpeace Chine.
Les principaux pays émergents, le Brésil, le Mexique, la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud, ont été invités au sommet du G8 dans le cadre d'un dialogue élargi.
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