Des étrangers de plus en plus indésirables dans le Guangdong
le 10/10/2007 à 11h24
par Mathilde Bonnassieux
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La province la plus riche de Chine mène la vie dure aux étrangers présents sur son sol, confortée par le laisser-faire de leurs représentants.
Dans la province méridionale du Guangdong, une nouvelle réglementation destinée à limiter l'embauche des étrangers est sur le point de voir le jour.
Celle-ci obligera les employeurs qui veulent recruter des étrangers à posséder un permis spécial, parfois même à payer. Quant à certains emplois, ils seront tout simplement interdits aux non-Chinois.
Sévère, cette mesure ne fait qu'alourdir la liste des désagréments dont sont victimes les étrangers, notamment Guinéens, installés dans le Guangdong, province la plus riche de Chine.
Motif des griefs ? Des difficultés toujours plus grandes à faire renouveler leur visa. Ceux qui possèdent des sociétés légalement enregistrées se voient parfois essuyer un refus sans motif. Pour les autres, c'est peine perdue.
Et les autorités chinoises sont là pour faire régner l'ordre. Dans les rues de Canton, les descentes de police musclées se multiplient contre ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un visa, suivies de reconduites à la frontière.
Témoin de ces agissements, Boubakar Bah, agent de voyage, Guinéen basé à Bangkok et habitué à visiter ses proches depuis plusieurs années dans la province, fait état d'une « ségrégation d'une ampleur inégalée ».
« Les autorités ont bloqué toutes les issues permettant à nos compatriotes de se mettre en règle, ce qui veut dire que nous sommes persona non grata dans cette partie de la Chine », poursuit-il dans une tribune éditée sur babakachir.com, une plate-forme consacrée à la communauté guinéenne.
Du côté des représentants guinéens, on ne nie pas cet état de fait. « Il y a quelques années, on obtenait des visas de six mois à un an. Maintenant, c'est déjà difficile pour trois mois », raconte le premier secrétaire guinéen chargé des questions financières et consulaires à Pékin, Sidi Mohamed Sano.
Celui-ci concède qu'il s'agit d'un « problème commun à tous les Africains ». Une situation à tel point préoccupante qu'une mission diplomatique guinéenne s'est rendue il y a un an auprès des autorités provinciales pour faire part de ses inquiétudes. Résultat ? « On attend toujours leur réaction ».
Politique de l'autruche
Mais la situation s'avère complexe pour les autorités guinéennes, obligées de composer avec des intérêts économiques. Présente dans un nombre croissant de pays en Afrique, la Chine sait se montrer convaincante pour prendre pied sur le continent.
C'est le cas en Guinée, par ailleurs premier pays africain sub-saharien à avoir établi des relations diplomatiques avec la Chine en 1959. En échange de la construction d'infrastructures sur le sol guinéen, les Chinois bénéficient des largesses de l'Etat dans l'obtention de projets d'exploitation des différents gisements. Dernier exemple en date, l'exploitation de la bauxite accordée à quatre entreprises d'Etat chinoises en septembre dernier.
Désireux de ne pas perdre un si précieux partenaire, les représentants guinéens font preuve de mesure. Quitte à lui trouver des excuses. «Les autorités chinoises ont sans doute leur raison. A la veille des J.O, on comprend qu'elles aient besoin d'assainir. Finalement, elles ne font que leur travail car n'oublions pas que ce sont des gens en situation irrégulière.".
Même si Canton est loin de Pékin ? " Oui mais ce n'est qu'à trois heures d'avion" conclut M. Bah.
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