Les Etats-Unis reçoivent le dalaï lama malgré la colère chinoise
le 17/10/2007 à 10h44
par AFP
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Le président et le Congrès américains ont rendu mercredi un hommage sans précédent au dalaï lama, passant outre à la colère de la Chine pour honorer un "symbole universel de paix et de tolérance" selon les mots de George W. Bush.
Pour
la première fois, un président américain est apparu en public au côté
du dalaï lama, malgré les protestations véhémentes de la Chine, pour
laquelle le leader tibétain est un dangereux séparatiste en exil.
M.
Bush a remis au dalaï lama, revêtu de la robe safran et bordeaux des
moines bouddhistes, la plus haute distinction civile du Congrès, au
cours d'une cérémonie déployant toute la pompe américaine sous la
majestueuse coupole du Capitole.
Risquant
d'ajouter à l'irritation de Pékin, M. Bush et les orateurs qui l'ont
précédé ont dénoncé la répression religieuse qui continue à sévir au
Tibet selon les Etats-Unis, en des termes accusant plus ou moins
explicitement le gouvernement chinois.
Ils ont pressé le gouvernement chinois d'engager le dialogue avec le dalaï lama, qu'il refuse obstinément de recevoir.
Et
ils ont fourni au dalaï lama une tribune exceptionnelle pour réclamer
l'autonomie devant la classe politique américaine rassemblée, l'acteur
Richard Gere et le Prix Nobel de la Paix Elie Wiesel.
"Les
Américains ne peuvent pas voir réprimer la liberté de religion et
fermer les yeux ou se détourner. C'est pourquoi je continuerai à
presser les dirigeants chinois d'accueillir le dalaï lama en Chine; ils
se rendront compte que cet homme bon est aussi un homme de paix et de
réconciliation", a déclaré M. Bush, qui avait dit auparavant son
admiration pour le leader tibétain.
La
Chine, elle, a continué ses récriminations. Elle "éprouve un fort
ressentiment" après que M. Bush eut reçu le dalaï lama dans ses
appartements privés mardi, a déclaré le porte-parole du ministère des
Affaires étrangères, Liu Jianchao.
Il a dénoncé ces entretiens comme une "grossière ingérence dans les affaires intérieures chinoises".
La
Chine craint que les Etats-Unis ne renforcent la stature internationale
du dalaï lama, prix Nobel de la paix, qui personnifie à l'étranger
l'opposition au régime communiste.
Elle
s'inquiète de tout ce qui pourrait favoriser les menées séparatistes
qu'elle lui prête alors que le Tibet est selon elle partie inaliénable
de la Chine.
"Permettez-moi de saisir
cette occasion pour réaffirmer de manière catégorique que je ne cherche
pas l'indépendance. Je cherche une autonomie significative pour les
Tibétains au sein de la République populaire de Chine", a répondu le
dalaï lama, qui a fui le Tibet après la répression meurtrière d'un
soulèvement contre l'autorité chinoise en 1959 et qui vit en Inde.
Il a appelé Pékin à la "réconciliation".
Mais,
tout en plaisantant de son anglais de "jardin d'enfants", il a appelé
les dirigeants chinois à reconnaître "les graves problèmes du Tibet,
les doléances sincères et les profonds ressentiments". Il s'est
inquiété de la sinisation du Tibet.
La
Maison Blanche s'est employée à limiter les dégâts, tâchant de
concilier grands principes et intérêts diplomatiques à un moment où les
Etats-Unis sont tributaires de leur partenaire chinois pour
dénucléariser la Corée du Nord ou faire face au défi nucléaire iranien.
Elle a dit "comprendre les inquiétudes" du gouvernement chinois.
M. Bush a informé dès septembre son homologue chinois Hu Jintao de ses intentions vis-à-vis du dalaï lama. "Ils n'ont pas aimé", a-t-il avoué lors d'une conférence de presse.
"Mais
je ne crois pas que cela endommage sérieusement les relations", a-t-il
dit, conscient que la Chine avait elle aussi tout intérêt à entretenir
de bons rapports avec les Etats-Unis.
Tibet
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