Le nucléaire, enjeu de la prochaine visite de Sarkozy en Chine
le 9/11/2007 à 10h43
par Christophe Gascard (Aujourd'hui la Chine)
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Le président français Nicolas Sarkozy effectuera une visite d'Etat en Chine du 25 au 27 novembre. Cette visite de trois jours pourrait être l'occasion d'officialiser une commande chinoise, attendue depuis longtemps, portant sur deux réacteurs nucléaires, dont le montant avoisinerait les six milliards d'euros...
A ce jour la Chine consomme 80 % de ses besoins énergétiques via un combustible : le charbon ! À travers le pays des centaines de mines sont en exploitation et tournent à plein régime pour fournir l'énorme demande énergétique du pays.
Mais le charbon pose plusieurs problèmes aux autorités chinoises : la sécurité d'une part (chaque année des centaines, voire des milliers, de mineurs sont tués suite à des accidents), la pollution d'autre part et enfin le transport (les mines sont situées principalement dans le nord du pays).
La Chine a donc décidé, il y a 3 ans d'accélérer son « plan nucléaire ». Actuellement la Chine possède seulement 11 réacteurs ce qui représente 2 % de la production énergétique du pays. Un chiffre trop faible compte tenu de l'accroissement économique et de sa demande croissante en énergie. « Il y a 3 ans le discours officiel à donc changé. Nous sommes passés de ''La Chine développera le nucléaire de façon approprié '' à '' la Chine développera le nucléaire de façon accéléré ! "» nous explique Alain Tournyol du Clos, conseiller nucléaire à l'Ambassade de France à Pékin.
Mais l'énergie nucléaire est une énergie qui nécessite un haut niveau de technologie et de financement. C'est pourquoi, jusqu'à ce jour, l'expérience des autres pays (dont la France) a été jugée très importante. « La chine veut développer ces transferts de technologie, mais la France est toujours citée en exemple ». Parmi les 11 centrales chinoises actuellement en fonctionnement 4 sont donc de technologies françaises (situées dans le sud à Guangdong), 2 sont canadiennes, 2 russes et 3 chinoises (dont le plus ancien réacteur du pays). Une dizaine sont actuellement en construction.
Aujourd'hui la compétition est aiguisée entre les différents partenaires commerciaux de la Chine : la France, les Etats-Unis, et la Russie. Dernièrement un appel d'offres a été lancé entre ces 3 pays pour la construction de 4 réacteurs de 3 ème générations. Une compétition entre Westinghouse (technologie US), AREVA (Français) et Atom Strovexport (Russe). Fin 2006 les Chinois ont choisi les réacteurs de technologies américaines (Westinghouse). Le premier round a donc été gagné par Westinghouse !
« Les Américains ont gagné certes...mais les autres n'ont pas perdu » nous confirme le conseiller nucléaire de l'ambassade de France car, parallèlement, des négociations ont été ouvertes avec les Français et les Russes pour la construction d'autres EPR (3éme générations). Une manière de ne pas fermer les portes et une opportunité de transfert de technologies pour les autres pays: 2 contrats sont donc en négociation avec Areva et 2 avec les Russes !
Récemment les relations entre la France et la Chine ont été jugées « excellentes » par le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner. La prochaine visite de Nicolas Sarkozy en Chine confirmera ou non cet optimisme...
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