Avec « Shadows », le cinéma indépendant chinois prend ses quartiers à Paris
le 13/10/2008 à 10h44
par Hélène Franchineau
Poster un commentaire :
(0 avis)
« Shadows », festival du film indépendant chinois, a ouvert ses portes jeudi 09 Octobre. Jusqu'au 19, une sélection de 47 courts et longs métrages est présentée au cinéma « Les Voûtes », dans le 13ème arrondissement à Paris.
Située
à côté d'une ancienne usine de frigos transformée en squat d'artistes, la salle
des « Voûtes » ajoute un certain cachet au label
« indépendant » du festival.
Au programme de la journée de samedi
11 : « Taishicun » un film de l'universitaire engagée Ai Xiaoming sur la révolte d'un
village du Guangdong contre la corruption des autorités locales, affaire qui
avait fait les gros titres en 2005.
Festival indépendant oblige, tout est fait
à l'artisanale : à la fin de la projection, on se réunit dans la salle voisine
où un bénévole tient le bar et cuit ses délicieuses crèmes brûlées.
Ai Xiaoming
répond aux questions sur son film, pendant que l'on fait rentrer les
spectateurs de la prochaine séance : « In search of Lin Zhao's
soul » de Hu Jie, lui aussi présent.
La
première édition de « Shadows » a eu lieu en 2006. Organisé par
Julien Tang et Judith Pernin, un jeune réalisateur et une doctorante à l'EHESS,
le festival se veut différent des autres et propose des films chinois qui ne
sont pas sortis en salle.
« Indépendant ne veut pas dire
anti-gouvernemental, précise Julien. Pour nous ça veut dire libre de faire ce
que l'on veut ».
D'où le choix de ne montrer que des films qui ne rentrent
pas dans les circuits de distribution traditionnels. Fictions, documentaires,
films d'animation, ou vidéos artistiques, ces œuvres sont introuvables en
Chine.
Les raisons ? Trop expérimentales ou controversées, elles risqueraient
de ne pas passer le veto de la censure. Ainsi beaucoup de réalisateurs décident
de s'en passer et de sortir le film par d'autres moyens, ou bien de le montrer
à l'étranger.
« Taishicun » est ainsi disponible sur internet ou à la
librairie d'une université de Hong Kong. 70% des recettes sont reversées à une
association des familles du village de Taishi. Le cinéma chinois indépendant
est aussi militant.
Cette
année une « carte blanche » rend hommage à Yunfest, festival renommé
de documentaires crée à Kunming en 2003, en diffusant une sélection de 12
films.
Débats et rencontres sont prévues cette semaine autour du cinéma et de
la Chine. Si, comme en 2006, le succès est au rendez-vous, le festival pourrait
s'exporter quelques jours à Lyon ou à Bruxelles. Histoire de montrer à public
encore plus large, ces perles rares ignorées dans leur pays.
Retrouvez toute les infos culturelles de la Chine en cliquant ici
cinémaFranceculture
Poster un commentaire :
(0 avis)