En Inde, ouverture du plus grand rassemblement des exilés tibétains depuis 60 ans
le 17/11/2008 à 9h32
par AFP
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Un demi-millier de dirigeants tibétains en exil ont commencé à se réunir dimanche à Dharamsala pour débattre d'une éventuelle radicalisation de leur lutte sur le statut du Tibet, après l'échec d'années de négociations avec la Chine.
Ce possible durcissement - en exigeant l'indépendance du Tibet plutôt qu'une simple autonomie - doit être discuté à partir de lundi et jusqu'au 22 novembre au cours du plus grand rassemblement en 60 ans de la communauté tibétaine dans la bourgade himalayenne de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où le dalaï lama vit réfugié depuis 1959.
L'unique et célébrissime figure de la cause tibétaine, âgé de 73 ans et à la santé fragile, avait révélé fin octobre qu'il réfléchissait à une stratégie plus radicale que sa diplomatie traditionnellement conciliante avec Pékin, qui a annexé le Tibet en 1951.
Cette réunion vise à recueillir les "véritables opinions et points de vue du peuple tibétain à travers des discussions libres et franches", a déclaré dimanche le dalaï lama, alors que les délégués commençaient à arriver.
Début novembre au Japon, le dalaï lama avait carrément "reconnu l'échec" de la revendication autonomiste pour son pays natal et demandé aux six millions de Tibétains d'être ouverts à toutes les options.
Certes, le mouvement tibétain "restera non violent", mais le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix a "perdu espoir" de trouver un règlement avec la Chine, répète depuis quinze jours son plus proche conseiller, Tenzin Taklha.
Des émissaires du dalaï lama et des représentants chinois discutent officiellement depuis 2002 mais les pourparlers de la semaine dernière en Chine ont capoté, Pékin affirmant qu'il ne ferait "jamais de concession" même sur une "semi-indépendance" du Tibet.
Les émissaires du dalaï lama ont déclaré dimanche que les négociations avaient confirmé "l'incapacité du gouvernement chinois à répondre sérieusement aux efforts de Sa Sainteté le Dalaï Lama au cours des dernières décennies".
Dans ce contexte, "la réunion (de Dharamsala) va s'avérer être un tournant", pense Sonam Dolkar, de l'organisation "Gu Chu Sum" des anciens prisonniers politiques tibétains, l'un des groupuscules de la mouvance indépendantiste.
"Le temps est venu pour le peuple tibétain de réfléchir à son avenir et de décider de la direction à prendre", prévient-il.
"Nous sommes à la croisée des chemins", confiait ces derniers jours à l'AFP Tsewang Rigzin, président du Congrès de la jeunesse tibétaine, porte-drapeau d'une jeune garde indépendantiste, amère, frustrée et qui menace de déborder l'ancienne génération du vieux dignitaire bouddhiste.
Une motion réclamant l'indépendance devrait être présentée durant la réunion, mais le conclave n'a aucun pouvoir de décision et devra s'en remettre aux Parlement et gouvernement tibétains en exil.
Par avance, la Chine a prévenu jeudi que ce sommet de Dharamsala ne mènera "nulle part", tout en appelant son voisin indien à ne pas tolérer sur son sol des activités "indépendantistes".
Le dalaï lama est la bête noire de Pékin, qui l'accuse d'être un dangereux séparatiste, sous couvert de la religion. Mais l'homme à l'éternel sourire, toujours vêtu de sa robe couleur safran, est respecté par la majorité de son peuple et reste une icône en Occident.
Homme politique pragmatique et fin diplomate, il a renoncé depuis longtemps à l'indépendance pour privilégier une politique dite de la "voie moyenne" consistant à réclamer l'"autonomie culturelle" du Tibet, y compris pendant la révolte du printemps à laquelle il a donné un retentissement mondial avant les jeux Olympiques.
Les exilés tibétains, dont bon nombre de jeunes, sont plus de 100.000 en Inde.
La plupart y sont nés et n'ont jamais mis les pieds au Tibet.
Tibet
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