Pas d'anniversaire en famille pour le dissident Hu Jia emprisonné en Chine
le 25/7/2008 à 23h55
par AFP
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Hu Jia, l'une des voix les plus critiques du régime de Pékin, a passé vendredi son anniversaire seul dans sa cellule, les autorités ayant empêché sa famille de lui rendre visite, explique sa femme.
Incarcéré à Tianjin, à deux heures de route de Pékin, ce militant de la liberté d'expression a eu 35 ans. Sa santé se détériore.
Sur son blog, son épouse Zeng Jinyan raconte que sa demande de visite, comme celles de la mère et la soeur de Hu Jia, ont été refusées, la police ayant "expliqué être trop occupée pour faire les arrangements nécessaires".
La police a également interdit à l'AFP de rencontrer Mme Zeng, en dépit des promesses des autorités de laisser les journalistes étrangers travailler librement à la veille des jeux Olympiques.
Deux reporters de l'AFP, répondant à une invitation par mail de l'épouse du dissident, se sont présentés à son appartement, dans un complexe d'immeubles appelé "Bobo Freedom Village" dans l'est de Pékin où elle vit en résidence surveillée avec la fille du couple, un bébé de neuf mois.
Des policiers en civil ont refermé une grille qui donne accès à son appartement, disposant rapidement un ruban plastifié marqué "police" sur sa largeur.
Ils n'ont pas bougé quand les journalistes leur ont montré une copie des règles en vigueur pendant les JO, garantissant aux médias étrangers le droit d'interroger tout citoyen chinois qui en est d'accord.
"Je ne connais rien à ces trucs juridiques", a indiqué le chef de cette équipe de huit policiers.
La Chine a promis de ne pas entraver le travail des journalistes étrangers avant et pendant les Jeux (8-24 août). Mais ces derniers se plaignent régulièrement de complications dans leur travail, en particulier lorsqu'ils couvrent des sujet sensibles.
Selon des groupes de défense des droits de l'Homme, l'attitude des autorités à l'égard de Hu Jia est liée à une vague récente d'arrestations et d'assignations à résidence d'opposants qui vise à faire taire toute voix critique pendant les Jeux. Le gouvernement a démenti ces accusations.
Hu Jia figure parmi les prisonniers politiques chinois dont le parlementaire européen Daniel Cohn-Bendit souhaite que le président français Nicolas Sarkozy réclame la libération, lors de sa visite à Pékin le 8 août.
Arrêté en décembre, il a été condamné en avril, à l'issue d'une journée de procès, à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion pour ses propos publiés sur internet et ses entretiens accordés à la presse étrangère.
Selon le blog de son épouse, son état de santé ne cesse de se dégrader en prison et il pourrait souffrir d'anémie. "Sa vie en cellule est dure. J'ai dit à la prison que je voudrais lui apporter des vitamines et qu'il puisse être examiné par un médecin pour éviter que son état se dégrade".
Le dissident souffre notamment d'une cirrhose du foie. Ses avocats se sont déjà plaints qu'il n'ait pas accès à ses médicaments.
L'AFP n'a pas pu obtenir le numéro de téléphone de la prison. Confidentiel, a indiqué l'opératrice des renseignements.
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