La Chine a la tête dans les étoiles

Avec la mission Shenzhou X, la Chine se révèle un acteur majeur de la conquête de l'espace. Et l'Empire du milieu ne compte pas s'arrêter là.

C'est à un cours de physique un peu spécial que des collégiens et lycéens chinois ont pu assister, jeudi dernier. Leur professeur Wang Yaping, a expliqué les lois du mouvement de Newton, le concept de poids, de masse et de la tensions superficielle en direct depuis l'espace. Et plus précisément, depuis le vaisseau Shenzhou X, où Wang Yaping se trouve en ce moment en mission.

Un événement suivi en direct à la télévision chinoise, qui apporte encore un peu plus de notoriété à une taïkonaute qui est la deuxième femme chinoise dans l'espace. Et qui permet à la Chine de réaffirmer ses ambitions dans la conquête spatiale.

Revanche spatiale

Entrée dans la course à l'espace bien après la Russie et les Etats-Unis, la Chine avance désormais à pas de géant. Les missions Shenzhou l'amènent de plus en plus près de la réalisation d'une station spatiale habitée, prévue à l'horizon 2020. Un beau pied de nez à la Station spatiale internationle (ISS), à laquelle la Chine n'a jamais participé.
Autre revanche : hormis la Russie, la Chine est aujourd'hui le seul pays capable d'envoyer des missions habitées dans l'espace par ses propres moyens. Les Etats-Unis, qui ont abandonné il y a deux ans leur programme de navettes, sont désormais obligés de faire partir leurs astronautes avec des moyens russes depuis la base de Baïkonour.

Si les Américains ont pour l'instant renoncé à leur programme spatial, par manque d'argent, les Chinois, eux, sont bien déterminés à devenir les maîtres de l'espace. Pour cela, la China National Sapce Administration peut compter sur un financement gouvernemental quasi-illimité. Et  sur un soutien populaire largement entretenu par les autorités, à grand renfort de coups de pub comme la leçon de physique spatiale de Wang Yaping.

Propagande trop zélée

Pour présenter un visage parfait des missions spatiales, la propagande chinois en fait d'ailleurs peut-être un peu trop. Selon le dossier officiel de la mission Shenzhou X, Wang Yaping serait née en 1980. Hors, selon des internautes, la jeune femme serait en fait née en 1978, ce qui était d'ailleurs sa date de naissance officielle jusqu'à l'année dernière dans les dossiers de l'administration spatiale chinoise.

De quoi alimenter les moqueries sur Weibo, où on reproche aux autorités de vouloir mettre en avant la "génération 80" et la jeunesse chinoise pour impressionner le monde. Quitte à falsifier des dates de naissance. Un internaute résume le sentiment général en remarquant "qu'en Chine, tout est fabriqué par le système politique, à des fins politiques".

Mais au-delà de cette mini-polémique, la conquête de l'espace made in China emporte l'adhésion dans le pays. Malgré tout, il faudra sûrement un événement majeur pour que l'Empire du milieu laisse son empreinte dans l'aventure spatiale. Les Russes ont eu le premier vol habité, les Américains ont marché sur la lune. La Chine, elle, aurait désormais la planète Mars en ligne de mire.

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